Sauveteur secouriste du travail : obligatoire, et combien

Le Code du travail exige un salarié formé au secourisme dans des cas précis. Ailleurs, l’employeur organise quand même les premiers secours. Ce que disent les textes, ce que recommandent l’INRS et Service Public, et comment choisir les salariés à former.

Sécurité Mis à jour le

Un salarié se coupe, fait un malaise ou tombe d’un escabeau. Jusqu’à l’arrivée des secours spécialisés, ce sont ses collègues qui agissent. Le sauveteur secouriste du travail (SST) est le salarié formé pour ces minutes-là. Le Code du travail l’exige dans des cas précis, et l’INRS conseille d’aller au-delà. Reste à savoir combien en former, et qui.

Le rôle du SST

Selon l’INRS, le SST a pour mission « de porter les premiers secours à toute victime d’un accident ou d’un malaise au travail ». Il contribue aussi à la prévention des risques dans l’entreprise. Sa formation lui apprend à :

  • protéger la victime, les témoins et lui-même, pour éviter un second accident ;
  • faire les gestes de premiers secours, face à un saignement, une brûlure ou un arrêt cardio-respiratoire ;
  • savoir qui alerter, et comment, dans l’entreprise ou à l’extérieur ;
  • repérer des situations dangereuses et faire remonter l’information.

Son intervention a des limites. Dans le temps, elle couvre les quelques minutes entre l’accident et l’arrivée des secours spécialisés. Dans l’espace, elle concerne d’abord l’entreprise.

La formation est ouverte à tout salarié, sans prérequis. Elle dure 14 heures en présentiel, par groupes de 4 à 10 personnes. Elle débouche sur un certificat valable au niveau national, pendant deux ans. Selon l’INRS, plus d’un million de salariés sont formés chaque année, en formation initiale ou en recyclage.

Les cas où le Code du travail l’exige

L’article R4224-15 du Code du travail impose qu’un membre du personnel reçoive la formation de secouriste nécessaire aux premiers secours d’urgence dans deux situations. L’INRS rattache cette obligation au sauveteur secouriste du travail. D’autres articles s’appliquent à toutes les entreprises.

SituationCe que prévoit le Code du travail
Chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereuxUn salarié formé au secourisme (R4224-15)
Chaque chantier employant au moins 20 travailleurs pendant plus de 15 jours, où sont réalisés des travaux dangereuxUn salarié formé au secourisme (R4224-15)
Pas d’infirmier présent en permanenceDes mesures de premiers secours prises après avis du médecin du travail, en lien avec les secours extérieurs, notées dans un document tenu à la disposition de l’inspection du travail (R4224-16)
Tout lieu de travailUn matériel de premiers secours adapté aux risques et facile d’accès (R4224-14)

Pour les ateliers, le texte ne fixe pas de seuil d’effectif : le critère est la nature des travaux. Les salariés formés au secourisme ne remplacent pas les infirmiers, précise le même article.

Selon Service Public, la présence d’un infirmier n’est imposée d’office qu’à partir de 200 salariés dans un établissement industriel, et de 500 dans les autres. La troisième ligne concerne donc la plupart des petites entreprises. Service Public rappelle que les consignes d’intervention en cas d’accident ou d’urgence médicale sont écrites dans un document facile d’accès, que tous les salariés connaissent. L’adresse et le numéro des secours d’urgence sont affichés dans des locaux accessibles aux salariés.

La recommandation de l’INRS

Le document de référence du dispositif SST, publié par l’INRS, fixe un objectif : « disposer, dans toutes les entreprises, de secouristes en nombre adapté et bien répartis ». Il ajoute que les entreprises gèrent leurs SST pour qu’ils soient « en nombre adapté et bien répartis en fonction de l’organisation du travail et des risques professionnels ». Il cite les petites et moyennes entreprises comme particulièrement concernées.

Service Public va dans le même sens : « Il est recommandé de former plus de personnels pour permettre une intervention efficace en cas d’accident. »

Aucun de ces textes ne donne de nombre ni de pourcentage. Le bon nombre se déduit de votre organisation : vos horaires, vos sites, vos postes à risque.

À retenir

Le Code exige un secouriste dans les ateliers à travaux dangereux et sur certains chantiers. Partout ailleurs, l’INRS demande des SST en nombre adapté et répartis selon l’organisation du travail et les risques.

Choisir les salariés à former

Une question guide le choix : si un accident arrive maintenant, un SST est-il sur place ? Les repères ci-dessous aident à y répondre.

  • Chaque horaire. Une équipe du matin et une équipe du soir demandent chacune leur secouriste.
  • Chaque lieu. Un chantier, un deuxième site, une équipe en tournée ont besoin du leur.
  • Les absences. Congés, arrêts, formations : prévoyez un second SST pour qu’il en reste un.
  • Les postes à risque. Former un salarié qui travaille près du danger réduit le délai d’intervention.

Exemple fictif : un restaurant de huit salariés ouvre midi et soir, six jours sur sept, et ses salariés ne travaillent pas tous les mêmes jours. Avec un seul SST, certains services se passent sans secouriste. Le gérant en fait former trois, et construit le planning pour qu’au moins l’un d’eux soit présent à chaque service, congés compris.

Si votre activité comporte des risques particuliers, le temps de formation s’allonge pour les traiter. Le document de référence précise que la conduite à tenir face à ces risques spécifiques est définie par le médecin du travail.

Pensez aussi aux jeunes recrues. La formation SST figure dans les référentiels de plusieurs diplômes professionnels (CAP, bac professionnel, BTS). Un ancien élève ou apprenti formé pendant ses études a les mêmes compétences qu’un SST formé en entreprise. Il suit ensuite le stage de recyclage organisé par son employeur.

Trouver un organisme habilité

L’INRS ne forme pas directement les salariés des entreprises. Seuls les organismes habilités par l’Assurance maladie, Risques professionnels et l’INRS peuvent assurer la formation SST, avec un formateur certifié. Une entreprise peut aussi former ses salariés en interne, si elle est elle-même habilitée.

L’INRS publie la liste des organismes habilités sur son site. La version mise à jour en septembre 2026 distingue les organismes nationaux et les organismes régionaux. Elle compte des organismes installés en Corse-du-Sud et en Haute-Corse. Le coût se demande à l’organisme.

RG Prévention ne délivre pas la formation SST. Avec le service Sensibilisation et formations, nous établissons la liste des formations obligatoires de chaque poste et nous vous orientons vers des organismes habilités. Le guide des formations à la sécurité obligatoires fait le tour des autres formations, de la conduite d’engins à l’électricité.

Suivre les dates de recyclage

Le certificat SST vaut 24 mois. Pour le prolonger, le SST suit un stage de maintien et d’actualisation des compétences (MAC) de 7 heures, tous les 24 mois. Une fois la date dépassée, il ne peut plus exercer en tant que SST. L’article sur le recyclage SST détaille la marche à suivre.

Avec trois ou quatre secouristes formés à des dates différentes, les échéances s’éparpillent vite. Nous tenons ce dossier de suivi pour vous dans le service HSE externalisé. La page Vos obligations reprend les formations exigées selon les postes, et ce que prévoit la loi.

Rédigé par RG Prévention, conseil HSE.

Vos questions

Une TPE de 3 salariés doit-elle avoir un SST ?

Pour les ateliers, le Code du travail ne fixe pas de seuil d’effectif : un salarié formé au secourisme est exigé dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux. Sans travaux dangereux, l’employeur organise quand même les premiers secours, après avis du médecin du travail. Service Public recommande de former plus de personnels, pour une intervention efficace en cas d’accident.

Le SST remplace-t-il la trousse de secours ?

Non. Les lieux de travail doivent être équipés d’un matériel de premiers secours adapté aux risques et facile d’accès. Il n’existe pas de liste type : l’employeur en fixe le contenu après avis du médecin du travail, et la personne qui l’utilise est informée de ce contenu.

Combien de temps dure la formation SST ?

14 heures au minimum, en présentiel, par groupes de 4 à 10 personnes, sans prérequis. S’y ajoute, le cas échéant, le temps consacré aux risques propres à l’entreprise. Le certificat obtenu vaut 24 mois. Pour le prolonger, le SST suit un stage de maintien et d’actualisation des compétences de 7 heures.

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